Cette année en collaboration avec Philippe CARRE et Philippe RICHARD, nous avons co-écrit un ouvrage rapportant le détail des combats de BROUT-VERNET le 29 août et de ST DIDIER EN ROLLAT le lendemain. 

Personnellement j'ai relaté celui de ST DIDIER où 4 gardes ont été tués.  le 4 septembre 2019 pour commémorer et honorer ces héros nous avons décidé d'édifier une stèle, en collaboration avec Martine DESCHAMPS maire de ST DIDIER et Daniel THEUIL délégué du souvenir français  pour rappeler que 4 gendarmes et un garde forestier résistant se sont sacrifiés pour libérer le département de la botte Allemande. 

L'ouvrage est disponible pour 16 euros auprès de l'Association AZI LA GARANCE. Contacter Jean-François GLOMET  - mail jean-francois.glomet@wanadoo.fr 

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Mercredi 30 août 1944 - 2 heures de l'après-midi

Le 2ème escadron motorisé de Riom, commandé par le capitaine VALLENET prend position près de l'église de ST REMY EN ROLLAT. Il a reçu pour mission de localiser les troupes allemandes en repli et de les harceler dans le secteur des forêts de Marcenat et de Saint Gilbert.

L'officier envoie son 2ème peloton en direction de SAINT DIDIER EN ROLLAT et le 3ème peloton en direction de MARCENAT et LORIGES. Il garde le 1er peloton en réserve.

Composé de 2 side-car et de 5 motocyclettes, le deuxième peloton s'engage en direction de ST DIDIER. A bonne allure, il arrive sans tarder à l'entrée du bourg où le side-car de tête marque un temps d'arrêt devant l'épicerie MICHEL. Les gardes paraissent exaltés par la recherche des Allemands qui ont livré un combat sanglant au bois de Bournat la veille. Monsieur MICHEL les incitent à la prudence. Le matin même , ils ont tenté de faire sauter le pont sur l'Andelot à la sortie du village.

Le message a peine reçu, le side-car repart suivi par le reste de l'escouade. Passé le lieu-dit « Deffant », au carrefour de la route de BROUT-VERNET, le peloton s'engage à découvert, obligeant les éclaireurs à marquer des arrêts pour observer les environs. Les gardes savent que leur ennemi, aguerri, et bien armé mettra à profit chaque instant pour tuer ou faire des prisonniers.

Le side-car de tête arrive au carrefour du domaine de l'hôpital à quelques encablures de l'abbaye de St Gilbert. Il marque un arrêt. Au même instant, un tir de mortier parfaitement réglé, vient faucher le garde Raymond JOCAILLE, mitrailleur et le garde Jules BONNAFE, le pilote. Ils sont tués sur le coup.

Le combat de St Gilbert vient de s'engager.

Le groupe DIDIER fort de 220 hommes arrive pour prêter main forte aux gardes.

L'alerte est donnée à l'ensemble du 2ème escadron, le 1er peloton et le 3ème peloton s'approchent prudemment de l'abbaye de St Gilbert accompagné des FFI.

Le 3ème peloton progresse à couvert de la forêt de Marcenat. Malgré cette prudence, au lieu-dit « Les Raynauds » les allemands surprennent le Chef DUHAMEL et le garde DEZIER et les font prisonniers. DUHAMEL dans la confusion de l'échange de tirs qui suit, réussi à s'échapper. Le garde Marcel TYPHIOU est tué. Le garde GAFFARD est grièvement blessé. L'adjudant FFI Jacques DESCRIAUD, agent de l' ONF, trouve la mort aux côtés des gardes.

Les allemands décrochent pour rejoindre SAINT POURCAIN SUR SIOULE, emmenant leurs blessés et enterrant à la hâte un des leurs. Le calme revient.

Le 2ème escadron doit maintenant s'occuper de ses morts et de ses blessés et va rester quelques jours à ST DIDIER. En ce début septembre, il ignore que son calvaire ne fait que commencer. A la ferme des Mayences commune de CHAPEAU, le 1er peloton commandé par le S/Lt COLLET va tomber dans une embuscade, le 5 septembre en fin de matinée. 11 gardes vont y être massacrés.

Il faudra attendre 75 ans pour retrouver la trace du jeune garde Jean DEZIER disparu aux Raynauds. Localisé une dernière fois le 7 septembre 1944 à Bains les Bains dans les Vosges. Il faudra attendre les travaux du Lieutenant (R) Raymond DUPLAN, ancien conservateur du musée de la gendarmerie, pour découvrir que ce jeune corrézien d'à peine 20 ans a trouvé la mort au sinistre camp de DACHAU. 

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DEZIER, Jean

Né le 3 mars 1924 à Uzerches (Corrèze), a été fait prisonnier le 30 août 1944 à Saint Didier en Rollat ( actuelle Saint Didier La Forêt) (Allier) ; a été vu le 4 septembre 1944 à Bains les Bains ( Vosges), porté disparu à cette date, puis mort le 7 septembre 1944 ; militaire au sein des gardes républicains ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Fils de Antoine et de Goulmy Lucie. Il était célibataire

Il fut engagé volontaire pour 3 ans, le 10 septembre 1942 au 41ème régiment d'infanterie, admis en gendarmerie le 29 décembre 1943. Il fut engagé en opérations contre l'armée allemande le 28 août 1944. Déporté au camp de Dachau (Allemagne) le 6 septembre 1944. Disparu en Allemagne à une date inconnue.

En 1944, des unités entières de gendarmerie rejoignent le maquis et plusieurs escadrons constitués en groupements de combat (Groupement Daucourt et Groupement Thiolet) participèrent aux combats de la Libération au sein de la 1ère Armée française. Il était alors Garde au 4ème régiment, 2ème escadron de la garde affecté avec le grade de Garde au groupement Thiolet (1ére armée française).
C’est en participant aux actions de libération de la France qu’il fut engagé dans la région de Saint Didier la Forêt (Allier) pour harceler les troupes Allemandes en repli. Pris dans une embuscade dans la forêt de Saint Gilbert (Allier), encerclé il a continué d'avancer pour permettre le dégagement de trois camarades dit le rapport de la médaille militaire.

Son nom est gravé sur le monument aux morts d' Uzerches (Corrèze)

Son nom va figurer sur la stèle située qui sera mise en place en 2019 dans le cimetière de Saint Didier La Forêt (Allier). Son nom figue sur la stèle de la Caserne Beauvau à Marseille (Bouches du rhône)

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Le 2ème escadron de la 4ème Légion à RIOM. 

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photo familiale du garde jules bonnafé