Toujours très attentif aux événements de la libération de l'Allier,  voici une très belle histoire qui a donné lieu à l'établissement du dossier de reconnaissance de Juste parmi les Nations mais qui n'a pas été retenu après instruction à Jérusalem.   

Tout est parti d'une lecture et d'un laconique extrait qui relate que l'Adjudant Chef Josselin Marcel commandant le peloton motorisé de gendarmerie de Saint Germain des Fossés à protéger une jeune femme de confession juive recherchée par le Gestapo et l'a hébergée plusieurs mois dans la brigade avec la complicité de sa famille et l'ensemble des personnels placés sur ses ordres.

Quelques temps plus tard Jacques Montagnac dont le père a été gendarme à Saint Germain des Fossés pendant la guerre me contacte pour échanger avec moi sur l'histoire de la brigade. Au cours de l'entretien que nous allons avoir, il me relate et me donne des détails sur l'hébergement de cette jeune femme pendant la guerre. Il se souvient qu'elle se prénommait Rachel et qu'elle était présente au mariage de la fille de l'Adjudant-Chef Josselin en 1945 à Billy (Allier).

La mairie de Billy (03) est contactée et nous donne mention des éléments du mariage – Marcelle Josselin coiffeuse née à Mamers (72) a épousé Pierre Lagarrigue né à Villefranche de Rouergue (12) un militaire.

Avec le concours de la mairie de Villefranche de Rouergue, nous découvrons quePierre Lagarrigue est décédé en 2001 à Quimperlé (29). Grâce à cela nous retrouvons rapidement Mme Lagarrigue Marcelle dans une maison de retraite du Finistère. Elle est contactée et nous informe que son fils Jean-pierre Lagarrigue demeurant à La Roche sur Yon a toutes les informations sur son grand-père et sur Rachel.

Lagarrigue Jean-Pierre connaît tout de la vie de ses parents et de ses grands-parents, il va nous apporter une aide précieuse et nous indique que Rachel Fulla-Oller née Niementchinsky est toujours vivante et habite à Nogent sur Marne (94).

Contactée par téléphone, Rachel Niementchensky épouse Fulla-Oller est née le 16 janvier 1925 à Paris (75) elle nous relate son parcours pendant a guerre.

En 1941, elle quitte Paris pour Mende (48), en zone libre, pour se mettre à l'abri de la répression. Elle est accompagnée de son père et de ses 2 frères. Son père tenait un commerce de chaussures à Paris. Elle fait la connaissance de Marcelle Josselin dont le père, gendarme, a été muté à la Garde Républicaine Mobile de Mende (48). Les jeunes femmes deviennent amies et pratiquent le même métier de coiffeuse.

En 1942, Marcel Josselin est muté du peloton motorisé de Saint Germain des Fossés (03). Malgré l'éloignement, les jeunes femmes restent en contact.

Fin 1943, la pression sur les familles juives s'intensifient à Mende. Rachel décide de quitter la région. Avec la complicité du maire de Mende – Henri Bourrillon -, elle reçoit une carte d'identité au nom de Morin Andrée. Sa famille s'éclate, ses frères rejoignent le maquis et son père est hospitalisé dans un hôpital pour échappe aux rafles. Un peu désemparée, ne sachant pas trop ou aller, elle décide de rejoindre son amie Marcelle à Saint Germain des Fossés et trouve refuge à la brigade au sein de la famille Josselin. Henri Bourrillon va trouver la mort en déportation.

Souhaitant gardée une autonomie et ne pas être à la charge de la famille Josselin. Elle trouve un emploi de coiffeuse à Vichy sous son faux nom. Marcelle et Rachel effectuent tous les jours en train le trajet qui les amène à leur travail. Morin Andrée dite Rinette échappe ainsi à la répression et finit par devenir une habituée des contrôles d'identité de la Milice ou des Allemands en gare de Vichy. Personne ne peut soupçonner cette blonde aux yeux bleus. Malgré quelques coups de sang, les deux jeunes femmes très complices se sortent de tous les contrôles.

Au peloton motorisé, tout le personnel connaît le secret de Rinette. Rien ne filtre au sein des militaires. En 1944, Une rafle va même s'opérer à la brigade pour arrêter les gendarmes suite à une tentative d'attentat sur la ligne de chemin de fer destinée à faire sauter un convoi allemand. Prévenus à temps, toute la brigade , familles comprises restent à l'écart pendant quelques jours.

Si Rachel est découverte, toute la brigade risque la déportation. Un de des gendarmes de Saint Germain des Fossés a d'ailleurs été déporté à Buchenwald pour des faits de résistance.

Vichy est libérée fin août 1944. La vie devient un peu plus apaisée au sein de la brigade de gendarmerie. Rinette redevient Rachel est reste encore quelques temps avec ses sauveurs.

En 1945, après le mariage de Marcelle, Rachel rentre à Mende pour retrouver son père. Elle restera la petite sœur de Marcelle.

Rachel tentera bien de faire reconnaître le courage de sa famille d'adoption qui l'a accueillie et protégée, sans y parvenir.

Marcel Josselin va poursuivre sa carrière et quitter l'arme pour une retraite bien méritée et reprendre une activité d'ostréiculteur en Bretagne. Il va décéder en 1966 emporté par un cancer.

Les acteurs vivants témoins des faits

Marcelle Lagarrigue née Josselin – 90 ans -

Jacques Montagnac – fils du gendarme Montagnac Gustave du peloton motorisé de Saint Germain des Fossés.

Rachel Fulla née Niementchinsky – 91 ans –

Le dossier n'a pas été retenu,  car l'association Yad Vashem a conclu que Rachel est arrivée sous un faux nom et qu'elle ne présentait aucun risque pour la famille Josselin. 

Dont acte..   on ne va pas refaire l'histoire. Nous nous sommes pliés à cette conclusion, mais nous retiendrons que les gendarmes de Saint Germain des Fossés étaient dans la résistance et que l'un d'eux a été déporté.   le lecteur appréciera sur la notion de risque pour le sauveteur. 

Marcel JOSSELIN.tenue

l'Adjudant-Chef JOSSELIN

Mai 1944 BILLY ALLIER.PDF

Marcelle et Rachel 1944.PDF

Rachel et Michelle.

le site qu'il faut consulter - https://justes.msh.uca.fr/  

il a été mis en place par les archives départementales du Puy de Dôme, vous y trouverez le dossier Josselin

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