Suite à des recherches  sur le département de l'Allier entre 1940 et 1944, à l'époque où VICHY était capitale d'état. En fouillant quelques archives et documents sur l'époque, mon attention a été attirée par l'action héroïque de plusieurs personnes dont des gardes républicains. L'histoire n'a malheureusement par gardé de traces de ceux-ci, sauf dans les écrits de Claude CAZALS et d'Alain BIANCHERI. L'un d'eux, le Lieutenant-Colonel ROBELIN s'est particulièrement illustré. Voici un résumé de son histoire :

« Début juillet 1940, la 2ème compagnie de garde républicaine mobile stationne à VICHY. Son chef le capitaine BOUCHARDON recherche un cuisinier de métier pour la popote. Etienne ASSO, un civil, se présent pour ce travail. Comme il remplit les conditions exigées, il est aussitôt employé.

Quelques temps plus tard, la compagnie est déplacé à RIOM et devient le 2ème escadron de la 4ème Légion de garde républicaine mobile. Une grande complicité naît entre BOUCHARDON et ASSO sur fond d'une aspiration commune de revanche contre l'occupant. A l'escadron, personne ne se doute de l'appartenance d'ASSO au parti communiste et du rôle important qu'il y joue. Début 1941, Etienne ASSO constitue des groupes de front national et réorganise les sections dissoutes de son parti dans la région de VICHY. t détaché à l'état-major de l'armée à VICHY et en prend le commandement un peu plus tard. De son côté ASSO poursuit ses activités et multiplie les contacts pour mettre une solide organisation dans le bassin vichyssois.

En décembre 1942, ROBELIN est détaché au secrétariat général de la Police. Vers Noël, une première réunion secrète a lieu à VICHY avec MM ASSO, PAQUELET (responsable de la section de VICHY, CUSSET et BELLERIVE), le Lieutenant-Colonel ROBELIN ( sous-directeur technique de la garde républicaine ) et le Chef d'Escadron BOUCHARDON. Les participants se mettent d'accord sur le principe d'une action conjuguée de la garde et des Francs Tireurs Partisans contre la milice et la Gestapo de VICHY dans la phase finale de l'insurrection. Avec une douzaine d'escadrons, le groupement de la garde de VICHY en constituera le fer de lance. Après l'intervention, quelque soit le résultat, échec ou succès, tous les escadrons, où qu'ils se trouvent, recevront l'ordre de passer au maquis.

En avril 1943 ROBELIN est nommé sous-directeur technique au sein de la direction générale de la Garde.  Son entourage continuent de préparer la résistance malgré les difficultés et les dangers.

Le 6 juin 1944, le débarquement alliés précipite les choses. Compte tenu de l'éloignement des plages de Normandie, il est trop tôt pour agir à VICHY. Le passage dans le maquis, préparé par l' ORA est prématuré. ROBELIN tente de freiner les actions de la garde républicaine. Il est trop tard. Déjà l'école de la garde de Guéret rejoint le maquis. Des escadrons ont attaqué les objectifs fixés. Les autorités d'état se questionnent et interrogent ROBELIN qui tente de minimiser ces actions.

BOUCHARDON est le premier convoqué par DEGAND ancien chef de la milice et responsable des RG. Le commissaire POINSOT se charge de l'interrogatoire qui donne rien dans un premier temps. Les services de DARNANT finissent par demander la liste des officiers de la sous-direction technique de la garde. Discrètement, ROBELIN est avisé de cette demande mais ne change rien à ses habitudes.

Le 7 juillet, en fin d'après-midi tous les officiers arrêtés sont conduits au siège de la gestapo à l'hôtel du Portugal boulevard des états-unis. ROBELIN y est emprisonné depuis la veille, puis va être transféré à CHAMALIERES. A partir de cette date, tous les officiers qui vont être déportés, par la suite, à MELK et DACHAU perdent la trace de ROBELIN. 

Il faut attendre l'année 1945 pour en savoir un peu plus sur la disparition de ROBELIN. D'après l'enquête menée par le Colonel PAILLOLE, des éléments concordants permettent de penser que le SS d'origine Roumaine – SCHLIMMER – l'a assassiné par étranglement dans une cellule de l'hôtel du Portugal. Des incertitudes planent sur la date exacte de sa mort qui aurait eu lieu le 10 août 1944 vers 11 heures quelques jours avant la libération de la ville et du département. Il mourra sans jamais avoir eu connaissance de la réussite des actions conjuguées de la garde, des FTPF et des FFI qu'il avait initié deux ans plus tôt pour libérer le département de l'Allier. Son corps n'a jamais été retrouvé »

A ce jour, seule une promotion de l'école des officiers de gendarmerie de Melun porte le nom de ROBELIN Rémi.

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